"La route", de Cormac McCarthy

Tous les critiques littéraires sont unanimes concernant le dernier livre de Cormac Mc Carthy, « La route » : Un des récits majeurs de ce début de siècle et le prix Pulitzer attribué à un livre vendu à 2 millions d’exemplaires aux USA.

Alors, pour une fois, je pouvais avoir un rendez-vous rare avec l’histoire. Une motivation qui en vaut bien d’autres.

Mc Carthy revisite un thème cher à la culture américaine, celui de la route prise par des solitaires. Pourtant, difficile de dater ou de situer le récit. Probablement qu’il se passe après une guerre nucléaire. Un père et son fils fuient en direction du sud dans l’espérance de trouver les conditions d’une vie meilleure, pourtant sans savoir ce qu’il pourrait en être exactement. Avec un caddie pour seul bien ils traversent l’apocalypse, des régions dévastées et mornes, vivant continuellement dans la peur de rencontrer d'autres survivants. L’homme et son petit sont comme les prophètes d’un dieu absent aux frontières de la barbarie.

L’écriture, où le descriptif économise les dialogues, est dépouillée. Mais ici, en se projetant dans un futur terrifiant, l’écrivain va au delà de thèmes uniquement sociologiques. Un livre poignant et métaphysique où chaque page lue appelle à tourner la suivante.

Oui, un des récits majeurs de la littérature.